Je suis bien installé à boire mon café.Moi fatigué...non jamais quand il faut parler de ma jeunesse passée à Rabat, même si d'autres m'en empêchent. Mais ce soir, j'étais assis à demi allongé sur mon fauteuil pivotant à 360 ° :Je ferme les yeux et subitement mon fauteuil se mit à tourner, tourner, tourner et ma tête tourner, tourner.Je me place à 45° que vois-je?Ce porteur d'eau devant le jardin du Triangle de Vues, face à l'immeuble Modoloni. Il me tendait à chaque passage sa tasse d'eau fraîche avec grand respect.Comment refuser. Justement j'ai grand soif.Un petit tour à 90°? Allons-y:Je pense à notre chère Aïcha, la bonne.Je la revoie avec nostalgie. Elle nous amenait et ramenait à l'école de Pau avec son beau sourire et son fameux yallah yallah .Toujours impécable dans sa djellaba et ses yeux scintillants quasi voilés.Je me tourne à 135°:Dans notre logement, régnait l'atmosphère d'un atelier de confection.Sur un coin se trouvait la fameuse machine à coudre Singer.Je me souviens toujours de cette machine qui travaillait très tard le soir, j'écoute encore le va et vient de cette pédale grinçante.Je passe à 120°:1 fois par an a lieu la fête de l'indépendance, dans ma tête encore ça bourdonne ces cris de femmes, lançant des yoyyouyouyoux....au passage du cortège de SM MON ROI DU MAROC sur l'avenue Mohamed 5.Fanfares,applaudissements,chants d’orchestres,voix à l'hymne national. C'était vraiment LA FÊTE A RABAT.A 165°:Je me souviens petit,à tous nos jeux d'enfance.On fabriquait des scoubidous de toutes les formes.Sacha qui nous chantait: des pommes des poires et des scoubidous bidous ha!Je pivote sur mon fauteuil à 120°:HORREUR! que vois-je. J'ouvre les yeux vers la fenêtre. Je deviens FOU. Le ciel est gris et pluvieux.Je préfère ne pas voir ça. Je referme es yeux.Je me positionne sur mon fauteuil à 255°:Je n'oublies pa ces petits marchands de figues de barbarie, que nous mangeions avec les copains de retour de la plage de Salé.Le marchand commençait à couper et on mangeait mangeait, mangeait, il ne se rappelait plus combien il avait servit. puis vient le moment d'encaisser,on se sauvait dans toutes les directions.Il courait prés nous avec son couteau bien aiguisé jusqu'à essoufflement.J'en suis à 360° sur mon fauteuil et je suis bien:A Rabat je revois tous ces petits marchands ambulants:le vendeur du Petit Marocain,maîs grillé,de petit lait lban lban lban,l'aiguiseur de couteaux,de poissons: hout hout sardil,le vendeur aveugle e loterie qui criait:la sansse la sansse ce soir la sansse 25 millione la sansse, le vendeur de nougat rouge et blanc qui chantait: halaouette,halaouette,arbradrielle.VOILA je me réveille en sursaut en pensant à cette jeunesse dorée.Il nous reste des degrés à remplir, alors si vous avez un bon fauteuil, fermez les yeux...............