Souvenir de notre mellah de Rabat...A partir de cette petite entrée du Mellah à l'époque de mon enfance vers 1959, il y avait des endroits louches et il valait mieux ne pas s'y introduire. La nuit était réservée aux clients de maisons closes tenues par des tenancières juives et trés âgées dont les filles étaient toutes musulmanes et voilées. A part ça, des miaulements incessant de matouts à la recherche de souris qui déambulent dans tous les coins des ruelles. Encore faut-il ajouter les clochards et mendiants. Les clochards et sans abris qui boivent toutes la nuit à déranger les pauvres gens qui ne demandent que du repos. Ceci est pour l'ambiance la nuit. Mais le Mellah ne se limite pas à ces attractions.Le jour une vie trépidante l'anime.Il y a les commerces d'épices, les commerces de meubles, les artisans en tous genres.Les confectionneurs de voilages, coussins et tentures.Les droguistes pour acheter de tout et de rien.Marchands de poissons, condiments, fleurs, légumes, commandez un poulet, tué et plumé devant vous. Mais l'âme populaire de tout ce quartier vous la trouvez partout en prenant les petites ruelles, un vrai souk.De volumineux cônes d'épices en poudre s'alignent en une succession de couleurs et de senteurs, le cumin, le safran, le ras el hanout, le coriandre,... Prenez la rue des tisserands, ce vieil homme qui tisse dans sa minuscule boutique sur son métier en bois des couvertures, là aussi des menuisiers, des fabriquants de cages à oiseaux, et même sur le trottoir un petit vendeur de boites de khol.