25 April 2020 à 21:21
Je vous dédicace ce [texte](http://rol-benzaken.centerblog.net/texte.htm) extraordinaire en hommage à RABAT pour les nostalgiques de RABAT écrit par Madame Khadija Al zemmouri.Chaud au Cœur... sur notre Rabat que nous adorons tous , les vrais r’batis purs et durs.📷Mon Rabat, ce sont d’abord des quartiers :l’Agdal avec ses petites rues paisibles bordées de minuscules villas que les étudiants louaient à quatre ou cinq, la Cité Universitaire avec ses grands arbres, sa buvette, son terrain de basket, et un pavillon pour les filles, un autre pour les garçons dans la même enceinte ; la place Jeanne d’Arc et la petite crêperie de Moha, la place Bourgogne et le kiosque de Si Brahim…la rue des Vosges et la rue de Dijon, la rue Dayet Ifrah et la rue jbel Tazekka…le quartier de l’Océan avec sa petite église et ses rues au noms de pays, quelques grosses espagnoles prenant le frais sur le trottoir, l’odeur de la mer et du poisson frit à l’huile d’olive, et « Le Mandarin » où de vrais vietnamiens servaient de la vraie cuisine vietnamienne.Le quartier « Hassane » avec ses larges avenues, le lycée Lalla Aicha et son internat, les marchands de fleurs de la place Piétri, « la Grange » qui servait les meilleures crêpes du monde et la rue de Sefrou où j’ai toujours pu panser mes blessures dans les rires et la tendresse...Mon Rabat, ce sont quelques cafés :le Chateaubriand, où les jeunes et brillants professeurs de la Fac de Droit(bien avant de s'administrer) venaient sans façon prendre un café et refaire le monde avec les étudiants qui lisaient alors, entre autres, Frantz Fanon et Maxime Rodinson , le Monde et Aimé Césaire, Nazim Hikmet et Souffles .Le Jour et [Nuit](http://rol-benzaken.centerblog.net/nuit.htm), ses sandwiches à toute heure, et sa fameuse soupe à l’oignon qui réchauffait les cœurs transis des paumés du petit matin,Le Jardin de l’Elysée où nous traînions par hordes, et ses fantastiques brochettes sur lesquelles Mignon, le minuscule serveur édenté nous rajoutait des portions de frites gratuites.Et, bien sûr, le café Naqaba et sa harira and sfenj !Mon Rabat, ce sont les cinémas : le Renaissance avec ses lustres magnifiques et ses balcons rococos, le Marignan qui était si mal insonorisé que les films avaient souvent de drôles de musiques de fond, le Royal et sa belle salle, le Mauritania pour les films indiens sur fond de pépites qui craquent et de fumées douceâtres, le Zahwa dans toute sa splendeur, Sans oublier le ciné club du vendredi où l’on découvrait avec bonheur Polanski, Truffaut, Bergman ou Louis Malle et le cinéma VOX premier au Maroc qui diffusait 2 films avec le tarif d un.…Mon Rabat, ce sont les plages de l’Atlantique : les Sables d’or, la Felouque, [Rose](http://rol-benzaken.centerblog.net/rose.htm) Marie, ou Skhirat, où les filles pouvaient aller seules sans jamais se faire embêter, du temps où les barbus, sympathiques et chevelus, étaient tous de doux hippies rêveurs ou des militants de gauche…Ce sont, comme partout, les marchés : celui de la place Jeanne d’Arc avec son poissonnier grognon et son marchand de primeurs efféminé que j’ai pratiquement vu grandir, celui de Diour Jamâa niché entre cinéma et mosquée, celui de Akkari avant que « ceux-qui-ont-des-voitures » ne fassent grimper les prix, et le marché central avec son éternelle vendeuse de feuilles de pastilla.C’est aussi Souk el Had pour les Wranglers et les chemises américaines, les fripiers du mellah pour un peu n’importe quoi, les antiquaires de la joutia, le bouquiniste érudit mais un peu pédant ou ceux plus sympathiques de la médina.Mon Rabat, c’est…Salé : les trajets à moto vers ArRazi, et plus tard vers Hay Salam, les branches de mimosas cueillies sur la route et le cimetière marin où repose mon père.Aujourd’hui, l’Agdal étouffe sous les franchises et les problèmes de circulation, le Chateaubriand a l’air d’un bouge, le jardin de l’Elysée est abandonné aux ronces derrière sa grille toujours fermée, mais Si Brahim est toujours là, on s’habitue à la clochette du tram, Ouazzani fait toujours les meilleurs sandwiches du monde et puis il y a :la lumière du couchant sur Bab Rouah et les murailles ,la rue des Consuls, sidi Fateh et la rue souiqa,les Jacarandas en fleurs,les cigognes du Chellah et de la route des Zaers,le Bouregreg et son magnifique estuaire,le marchand d’escargots,le jardin d’Essais et la kasbah des Oudayas.Je suis né à Rabat et j’aime cette ville.Et j’ose rajouter que j’ai connu le plus beau de l’Agdal des années 50-60 où il n’y avait pratiquement aucun immeuble, seulement de belles villas des deux côtés de chacune des rues fleuries à souhait avec cette merveilleuse végétation que le Bon [Dieu](http://rol-benzaken.centerblog.net/dieu.htm) et l’époque nous ont attribué ... Chalom & Salam qui ont exactement les mêmes racines araméennes.
63
Reactions
0
Comments
9
Shares
0
Views