Le porteur d’eau ou Guerrab est en général originaire du sud, c’est à dire d’un pays où l’eau est rare.Il correspond au fontainier de l’ancienne France.Il se promène en agitant une sonnette de cuivre. Est-ce pour signaler son passage ou bien pour écarter les génies qui risquent de porter atteinte à la Baraka de son eau ?On sait que les génies s’enfuient devant le son des clochettes. Par les jours de chaleur, il arrive qu’un homme charitable achète au guerrab le contenu de son outre, avec mission pour celui-ci de le distribuer gratuitement aux passants.Alors le porteur d’eau crie :– Ha el ma lessbil – Allah Yarhame moul sbil (Voilà l’eau gratuitement. Que Dieu récompense le distributeur) et les pauvres gens s’approchent pour boire. Tous boivent dans la même tasse. Dans la rue il est toléré que les gens boivent debout, alors que chez soi ce serait incorrect.En effet, le Prophète avait coutume de boire assis et il commençait toujours après avoir prononcé : « Bismellah, au nom de Dieu ».Les porteurs d’eau étaient plus rares au Mellah qu’en Médina car habituellement, les juifs au mellah trouvaient de l’eau aux fontaines publiques alimentées par l’aqueduc de Aïn Bou Amir ou dans les puits creusés un peu partout dans les maisons du mellah.