26 May 2020 à 12:12
C'était ici à Rabat de mon enfance et de ma jeunesse.CHUT...ECOUTEZ.C'était ici à Rabat, nous étions vers 1960, j'avais 11 ans, il était presque midi.Top...midi.Là-haut de la grande mosquée de la médina le muezzin faisait craquer son haut parleur pour appeler les fidèles à la prière et ceci cinq fois par jour.A quelques pas au mellah, encerclé de hauts remparts andalous les juifs priaient, il y avait au moins 20 synagogues réparties dans toutes les rues.Incroyable le nombre de synagogues dans un périmètre restreint.la plus grande majorité des synagogues de Rabat étaient localisées au mellah.Au même instant à l'extérieur du mellah, les élèves de l'école Talmud Torah de la rue Henri Popp (aujourd'hui Moulay Ismaïl) chantaient de leurs belles et hautes voix des récits hébraïques qui se dégageaient par les grandes fenêtres.Au même moment pas très loin les cloches de la cathédrale Saint Pierre place Piètri (aujourd'hui Moulay Hassan) nous prévenaient qu'il était midi.La belle Cathédrale est toujours en fonction, avec sa messe du dimanche.Oui, il existe bien des Cathédrales et Eglises dans les terres de l’Islam.Une belle symbiose judéo-musulmane-chrétienne au Maroc.L'appel du muezzin par la voix a semble-t-il été choisi pour se démarquer de l'appel juif par une corne et de l'appel chrétien, par une cloche et également parce qu'il est le moyen le plus naturel d'appeler. Beaucoup de juifs marocains se souviennent des samedis soirs à la synagogue Rbi Chalom Zaoui au Mellah de Rabat.Étaient assis les notables de Rabat et Salé, tous chantaient ces magnifiques pyoutims par cœur de leurs belles voix.Le kidouch de la hagadah était intense et mélodieux, parmi la centaine de fidèles debout dans la cour, dans une dance effrénée de réponses chantées de bons souhaits pour la semaine qui débute, chavoua tov ou mazal tov.C’était chaud, c'était gai, c’était vibrant, c’était la communauté juive de Rabat qui priait, qui chantait et qui se souhaitait mutuellement les meilleurs vœux.C'était ici à Rabat tous les jours que résonnait l'appel à la prière.C'était ici ma rue, mon quartier, ma ville, la ville de mon enfance et de ma jeunesse.Durant des années, voir des siècles, les juifs marocains ont construit des quartiers entiers, des rues et des mellahs dans tout le Maroc.Ils ont baptisé leurs rues à leur façon.La population de ces quartiers a changé depuis.Est-ce une raison pour débaptiser ces rues et quartiers ?Leur histoire est ce qu'elle est, partie intégrante de l'histoire de chaque cité.NON, les Juifs ne vivront plus jamais au Mellah de Rabat.Le Mellah de Rabat était le quartier exclusif des juifs marocains.Il n'y a plus aucuns habitants juifs à part une famille qui occupe et entretient une petite synagogue au Mellah dont mon ancêtre Rabbi Chalom Zaoui avait fondé vers 1919.Située dans la médina, juste à la porte du Mellah, cette synagogue reste en activité à seulement une cinquantaine de mètres de la grande Mosquée.C'est ici que se réunissent quelques familles juives qui vivent encore ici à Rabat.Les Juifs marocains ont construits autrefois ce quartier entouré de hauts remparts.Récit Roland Benzaken.RABAT….j’y suis né, j’y ai passé toute mon enfance et ma jeunesse….1949-1966.
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