04 January 2022 à 18:23
QUE RESTE-T-IL DE NOS CINEMAS D'AUTREFOIS.VOYEZ ET JUGEZ.Vides pour l'éternité.« Il ne reste des cinémas que des décors défraîchis, vestiges encore chauds du corps des spectateurs, ces salles plus très obscures vivent dans l’attente hypothétique de lendemains plus souriants.Elles restent dans un état de transition incertain, maintenues en vie par la passion d’une poignée de résistants.À côté, des objets de rien semblent eux aussi en suspens ; désuets, cassés, hors
d’usage, ce ne sont pas des ruines, plutôt des cicatrices du paysage auscultées avec une
mélancolie quasi animiste.A l'époque chaque quartier possédait une salle de cinéma.Pour aller au ciné, il fallait de la tenue impeccable.Aller voir un film était un grand moment de plaisir.Les gens s'évadaient à travers les films de cinéma pour s'ouvrir sur le monde.A notre époque on vivait vraiment le film et on ne se contentait pas de le voir. Un ancien me disait un jour:« Lorsque l’on regardait un film d’action et que le « méchant » de l’histoire voulait attaquer le « gentil », toute la salle se mettait à crier « attention, il est derrière toi! »Parfois, avant la projection d’un film, on nous présentait les infos de la semaine, et les gens applaudissaient à chaque apparition du Roi, raconte-t-il, amusé.«Les Marocains adoraient se rendre au cinéma ! Je me rappelle bien, lors de la sortie du film Vera Cruz de Robert Aldrick, l’acteur Gary Cooper est resté pendant des années «mal-aimé» des Marocains parce qu’il a tué Burt Lancaster à la fin du film !»Le cinéma a été pour moi comme un banquet, et lorsqu'on est invité, nous avalons tous ce que nous pouvons pour satisfaire nos désirs les plus fous.Au menu de ce banquet:Fernandel très convaincant dans le rôle d'un curé roublard qui a des conversations avec Dieu dans le petit Monde de Don Camillo.Scaramouche et son célèbre duel, inoubliable moment de cinéma et certainement le plus prestigieux de son histoire.La Charge Héroïque, John Ford évoquant la vieillesse, le temps de la retraite, celui de l'oubli et l'importance de ceux qui ont disparu, mais dont les tombes rappellent toujours la présence.West Side Story, comédie musicale qui me frappa par sa nouveauté et par son style qui unissaient les thèmes de Graine de Violence et de La Fureur de Vivre.A ce même banquet:Le paysage désertique de Monument Valley, celui si cher a John Ford ou l'on y découvre un homme, Ethan Edwards, un homme seul revenant de la guerre, c'est The Duke, campant admirablement un héros déchu rappelant le Gary Cooper de Vera Cruz. C'est Scarlett O'Hara dans Autant en emporte le vent, prenant pour témoin le ciel: Dieu m'en est témoin, ils ne me mangeront pas la laine sur le dos.Je me sortirai de tout cela, je n'aurai plus faim, devrais-je mentir, voler, tromper ou tuer.Témoignage saisissant me rappelant ce que me disait un grand-père, Grec Anatolien, quittant son coin de terre mise a feu et à sang par les Turcs.Oui, le cinéma a été un banquet gargantuesque pour moi.Oui j'ai bien rêvé de cette salle de cinéma dont le nom brillait en lettres de feu avec sa file d'attente s'allongeant devant une sorte de guérite aux allures de Taj Mahal.Là j'ai écarquillé les yeux et je me suis laissé guider vers un fauteuil et à peine assis un rideau de brocart se leva lentement dévoilant cette surface blanche, plongée dans le noir.Et si on revenait en arrière, je vous amène voir SPARTACUS en 1968.
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