Vous êtes tellement nombreux à nous rejoindre chaque semaine que FB juge mes publications d'accueil comme un spam. Je reposte donc ma publication initiale sans les noms des nouveaux membres... J'en profite pour remercier Otmane Mazzine qui nous a fait visiter Essaouira et qui m'a aidée à retrouver cette maison. # **Notre Maison familiale à Mogador**Nous avons passé quelques jours au Maroc essayant de retracer la vie de nos aïeux. C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai retrouvé la maison de mes grands-parents à Mogador.## **Le propriétaire actuel**Acquérir cette maison était le rêve du propriétaire actuel, un ancien fabricant ou tricoteur de calots. Durant des décennies, il a économisé un dirham sur chaque calot vendu et a pu réunir une partie de la somme qui lui permis d'amorcer l'achat de cette maison de 13 mètres de hauteur (pour 2 étages) et d'en devenir l'heureux propriétaire. Les actes de ventes de la propriété sont exposés à l’entrée du bâtiment et j’ai pu retrouver les actes d’achat et de vente signés par mon grand-père.## **Qu'est devenue cette maison aujourd'hui ?**Le rez-de-chaussée est un bar branché dans l'avenue principale d'Essaouira, La Haddada. Les premier et deuxième étages accueillent un restaurant avec de larges tables en bois et une déco de type new age.Sur la terrasse le nouveau propriétaire a fait construire son appartement.## **Description de la maison**Pour la décrire, j’ai repris un texte écrit par mon oncle Joseph Levy dans son livre « Mogador et moi » que j’ai adapté librement de l’hébreu.*La médina de Mogador était traversée par La Haddada, l’artère principale et commerçante de la ville. Dans cette rue animée, sous les arcades, une enclave plus calme abritait la maison de Nessim et Issa Levy. Elle jouxtait celle d’une famille française dont l’entrée était ornée d’une mosaïque jaune et bleue et sur laquelle était inscrit "1940 ".**Elle faisait face à celle d’une famille juive qui prospérait dans le commerce international. […]**L’entrée de la maison se poursuivait par un long corridor qui s’ouvrait sur un vaste entrepôt sombre dans lequel se trouvaient de larges piliers de soixante centimètres qui soutenaient le bâtiment de deux étages. Nessim, importateur et grossiste en fruits et légumes secs, y stockait sa marchandise, une multitude de sacs ou de cartons de dates, d’amandes, de noix, d’abricots secs, de prunes, de pois chiches, de farine, de sucre, cartons de prunes, etc…**De la porte opposée, on accédait au bureau de Nessim. Le grand livre de comptes marron avec sa couverture rigide trônait sur sa table de travail. De son écriture claire et droite, Nessim y inscrivait en lettres rachi, mais en langue arabe, les commandes, les livraisons de marchandises, la gestion des comptes ainsi que ses rendez-vous avec les fournisseurs et les clients. L’ensemble était parfaitement rangé et classé chronologiquement. Sur le bureau se trouvait également un téléphone manuel à manivelle équipé d’un tuyau qui s’ouvrait en pavillon et servait d’écouteur. […]**À droite du corridor, près de l’entrée de l’entrepôt, un escalier aux carreaux colorés menait aux étages. Au premier se trouvait un petit appartement de deux pièces occupées par les deux ainés de la famille qui cédèrent leurs chambres à une famille de réfugiés juifs polonais que mes grands-parents ont hébergée pendant la guerre. […]**Les escaliers menaient au vaste appartement de la famille situé au deuxième étage et composé de six pièces. Sur le flanc sud de la maison, au centre de l’appartement, se trouvait un salon spacieux avec au sol des mosaïques oranges bleues et rouges faisant penser à des images de kaléidoscope et ses trois larges fenêtres de style français recouvertes d’un voilage transparent ouvrant sur la rue. Une lourde table en bois de genévrier aux larges pieds épais sculptés occupait le côté nord de la pièce. Autour d’elle étaient disposées douze chaises assorties dont l’assise était recouverte d’un riche tissu violet. C’est là que ce sont déroulés les réceptions et les nombreux évènements heureux et moins heureux de la famille Levy. […]**L’après-midi le salon baignait de soleil qui entrait par les trois fenêtres ouvrant sur La Haddada. Qu’il s’agisse de vagues émeutes, de mouvements de foules qui traversaient la ville, de parades, de cortèges officiels, toutes les manifestations, et elles étaient nombreuses, passaient par cette artère. À ces occasions, la maison s’agitait et tous les membres de la famille présents, curieux, se penchaient aux fenêtres pour regarder et s’informer de ce qui pouvait animer ces gens ou pour admirer le spectacle. […]**Du salon, on pouvait voir le muezzin de la mosquée toute proche qui tournait autour de sa tourelle et appelait les fidèles à la prière cinq fois par jour de son cri lancinant « Allah ou Akbar ». Pendant le mois de ramadan, au crépuscule, de nombreux musulmans déambulaient en bas des fenêtres tenant des bols de h’rira chaude qu’ils venaient d’acheter à la sortie la mosquée et se dépêchant de rentrer chez eux pour rompre le jeûne.**Du salon, on accédait par un escalier à la terrasse dans laquelle se trouvait la buanderie. Nessim y avait fait construire trois murs sans toit qui délimitait la souccah. Pour la fête de Souccot, Nessim achetait des branches de palmier qu’il faisait porter sur la terrasse et qui étaient disposées au-dessus de la souccah pour en former le toit. […] Le jour de la fête, la table recouverte d’une nappe blanche était magnifiquement dressée pour le diner avec les chandeliers en argent, un bouquet de fleurs central et le verre de kiddoush à la place du père. Le soir, lorsqu’il arrivait de la synagogue après la prière, Nessim trouvait toute sa famille assise dans la souccah, l’attendant. Pendant huit jours il régnait une atmosphère spéciale et ces repas dans la souccah étaient l’occasion d’un joyeux bourdonnement d’allers et venues des nombreux plats qu’on allait chercher dans la cuisine. Ils se terminaient invariablement par les grenades qu’on mangeait au dessert. Après le repas et la bénédiction de bircat-hamazon, Nessim chantait ses chants liturgiques favoris. *## **Bienvenue**Bienvenue à tous ceux qui nous ont rejoints cette semaine. Ce groupe est le vôtre, dites-nous quelle est la ville d’origine de votre famille du Maroc ou d’Algérie, indiquez le nom de vos ancêtres, etc… Il y a près de 8000 membres dans ce groupe, la probabilité que vous y trouviez un(e) 2e ou 3ecousin(e) avec le(a)quel(le) vous partagez un 2e ou 3e arrière-grand-père est élevée ! Mais surtout, contribuez à construire notre arbre généalogique juif marocain et algérien qui contient plus de 350.000 profils sur Geni. Si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à me solliciter ou à solliciter Jacob Marrache.**Bienvenue, welcome, Barouh haba, Marhaba bikoum, Benvenido, Bemvindo**