***LES BONNES AU MAROC, C'ETAIT LES BRAS DE NOS MERES.***Nous avions une bonne, prénommée Aïcha, que je revois avec nostalgie à l’horizon lointain de mon rétroviseur.Celle qui nous amenait souvent le matin à l’école primaire de l'école de Pau à Rabat. Années 1950.Celle qui venait aussi nous chercher à la sortie avec son éternel sourire divin, yallah, yallah, disait-elle.C’était aussi une femme attentive et bienveillante à nos besoins.Toujours impeccable dans sa djellaba, ses yeux scintillants quasi voilés révélaient sa bonté auprès de nous.C’était un membre de la famille maîtresse de ses fonctions d’une myriade d’aptitudes.Une brave femme, symbole de toutes nos Fatima et Mahjouba, le bras droit de nos mères.Nos bonnes vivaient toute la semaine avec nous, mais prenaient leurs repas dans la cuisine par respect pour nous et rentraient chez elles le chabbat jusqu'au lundi matin.**Hommage à toutes nos bonnes, Aïcha, Fatima, Zohra, les bras à nos mères.** Elles quittent leur famille et leur village, parfois dès un jeune âge, pour rejoindre les grandes villes, Casablanca, Marrakech ou Rabat. Les "petites bonnes", face honteuse de la bonne société marocaine, se comptent encore par dizaines de milliers.Comment ne pas évoquer notre passé au Maroc sans se remémorer celles qui nous ont accompagné tout au long de notre enfance et de notre jeunesse? Les bonnes, au sens humain du terme et accessoirement au sens professionnel.RABAT de mon enfance.*Ma mère s’occupait avec sa couture et la [bonne](http://rol-benzaken.centerblog.net/bonne.htm) faisait le ménage, elle ne voulait pas qu'elle touche à la cuisine.**C’était elle le chef.**Elle allumait souvent le petit kanoun à charbon pour faire cuire des aliments tels que boulettes farcies, tajines et autres, l’odeur se répandait partout dans l’immeuble.**Souvent elle préparait des piments rouges, avec l’aide de la [bonne](http://rol-benzaken.centerblog.net/bonne.htm) cette fois-ci, elles les étalaient sur de grands plateaux en tôle et qu’il fallait ensuite déposer sur la terrasse de l'immeuble, car le soleil chauffait très fort là haut et ça séchait plus vite.**En parlant de cette terrasse, une fois par an, pour la fête de Soukkot, on y allait.*Selon la coutume on invitait la famille, des amis, des voisins pour venir y manger ou simplement y boire un thé ou un café.*On y célébrait la fête des cabanes, une des fêtes les plus joyeuses de notre tradition. Elle dure sept jours.*De cette terrasse, nous avons une vue exceptionnelle sur la Tour Hassan.