04 December 2023 à 19:14
MA BAR MITZVA AU MELLAH DE RABAT EN 1962.L’homme le plus beau et le mieux fait est celui qui reconnait et accepte l’existence de son âme qui transcende ses sens.Mon rabbin qui me communiait habitait au Mellah où il officiait à la synagogue Chalom Zaoui et faisait du commerce de légumes et poulets à bicyclette. C’était un petit Rabbin, mais à mes yeux un grand personnage.Pour la préparation de ma bar mizva, ma mère a fait venir un jeune professeur d’hébreu afin que j’apprenne à lire et écrire. L’inconvénient est que ce prof ne parlait pas beaucoup. Il était très timide. Il n’était pas bon prof non plus et quand je lui demandais des explications il ne me répondait jamais. Au bout de 3 mois, à chaque fois qu’il frappait à la porte , je me sauvais ou me cachais sous mon lit.je ne voulais plus apprendre et ma mère venait me sortir de là à coup de balai. Elle n‘avait pas de patience. Pourquoi je paie? Elle disait. Alors elle décida que ce soit le rabbin David Gabay qui continue les cours d’hébreu.Ouf ,j’étais soulagé, mais il fallait que j’aille au fond du mellah à sa synagogue. Eh bien, j’ai quand même fait ma bar mitzva et suis devenu un homme.A ma communion, nous avons fait une grande fête. La cérémonie religieuse s’était déroulée à la synagogue Chalom Zaoui au fond du Mellah de Rabat. Nous avons traversé toute la rue Henri Popp avec la famille et les amis de tout le Maroc.Ce défilé était merveilleux, j’étais au milieu, à droite se tenait ma petite sœur Michèle, à gauche, son amie Esther Attias. Elles tenaient les bougeoirs. Rosine et Charles m'entouraient. Et tout le monde avançait au pas ralenti aux yeux des passants et automobilistes qui admiraient. A l’intérieur du temple, à mes coté le rabbin David Gabay. Je pouvais commencer mon discours. Le soir ,la fête pouvait commencer, on a installé les invités qui venaient au fur et à mesure. L’appartement était trop petit pour le nombre de personnes.A l’époque pour les boissons fraîches, on remplissait la baignoire de blocs de pain de glace qu’on commandait au marchand le matin. Puis on déposait toutes les bouteilles pour rafraîchir.Il y avait des grandes bouteilles de coca cola, oulmés, limonades…. à par ça, il y avait aussi des boissons alcoolisées, surtout du whisky et de la mahia de figues. Il y régnait une belle ambiance et les adultes discutaient et racontaient car beaucoup ne s’étaient pas vu depuis longtemps. C’était les retrouvailles pour quelques uns. La soirée battait son plein avec apéritifs, hors d’œuvres et assiettes anglaises, des petits fours ont été fabriqués depuis 3 ou 4 jours avant, par des cousines, des plateaux entiers de pâtisseries :cigares au miel,montecaos, macarons de dattes et de noix, chébakia au miel, cornes de gazelles, nougatines aux grains de sésame, galettes, massepains, fazouélos, loukoum…. Au dessert une belle pièce montée nous attendait, ça s’est terminé vers deux heures. Il fallait trouver de la place pour coucher là la famille qui venait de très loin. Ma mère avait tout prévu, plusieurs matelas à terre empruntés aux voisins.Le lendemain, comme de coutume, je devais emmener et offrir à tous les copains de mon âge voir un film au cinéma, j’avais choisi Le Royal, pour y aller, il fallait traverser le jardin du Triangle de Vues . On y tournait un western ce jour là.La journée se termina et maintenant j’étais un homme pour tout le restant de ma vie.
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