# **Nos ancêtres voyageurs**Je visualisais nos ancêtres comme de modestes artisans, assis au fond d’une échoppe sombre du Mellah de Marrakech ou de Mogador, penchés sur leur ouvrage. Aujourd’hui, c’est une toute autre image que me renvoie l’histoire des juifs marocains et ma propre histoire familiale.S’ils étaient tolérés au Maroc, terre d’Islam, et pouvaient vivre librement leur judaïsme, les juifs marocains ont aussi subi l’arbitraire pendant des siècles (cf l’Edit de Moses Montefiore). Ils se soumettaient à des contraintes vestimentaires strictes, obligés de se vêtir de couleurs sombres et ne pouvaient monter un cheval, animal jugé trop noble pour leur condition de Dhimmis.Paradoxalement, ils étaient aussi reconnus pour leur culture, leur pratique des langues étrangères, leur éthique et leur curiosité intellectuelle inspirée par l’étude des textes sacrés, la sagesse de leurs saints vénérés non seulement par les juifs, mais aussi par les musulmans. Ils étaient alors recherchés par les puissants du Royaume et les étrangers pour les représenter.Dès le 17e siècle, quelques-uns ont été les émissaires du pouvoir chérifien pour négocier traités et contrats avec les Européens. Aux 18e et 19e siècles, d’autres, de Mogador, Tanger, Safi ou d’ailleurs, établissaient des alliances commerciales, alimentaient les comptoirs africains lointains et contribuaient à l’économie de la région.Mus peut-être par des conditions de vie locales difficiles, des évènements tragiques ou cédant à l’appel de l’aventure et à l’appât de richesses convoitées, quelques-uns n’hésitèrent pas à traverser l’Atlantique pour s’établir au Brésil ou au Pérou. D’autres, sionistes avant l’heure, ont bravé les risques d’un voyage périlleux au 19e siècle, pour se rendre en Terre Sainte, y bâtir leur foyer ou y finir leurs jours. Ainsi, bien avant leur exode massif de ces soixante-quinze dernières années, on retrouve des juifs marocains ou leurs descendants en Hollande, en Angleterre, au Portugal, en Afrique, en Amérique du Sud, etc.Je savais par mon histoire familiale (ou des recherches récentes) que trois de mes arrière-grands-parents étaient nés l’un à Manchester, l’autre au Portugal et enfin l’autre encore aux Açores et qu’un de mes arrière-grand-père s’était rendu en Terre Sainte pour y finir ses jours. J’ai découvert des 3e ou 4e cousins – l’ancêtre commun étant nos arrière-arrière-grands-parents ou AAAGP respectifs – au Mozambique et au Cap Vert et des cousins qui ont fait souche en Israël vers 1850. Notre lien familial a été confirmé par les tests ADN.Nos ancêtres étaient finalement extrêmement mobiles, aventuriers et entrepreneurs. Ils ont inventé le monde global avant l’heure !## Bienvenue Notre objectif est de restaurer les liens perdus entre les familles. Comment ? En créant chacun notre arbre généalogique sur Geni (https://www.geni.com/), une plateforme généalogique collaborative. Avec plus de 12.200 membres ici et un arbre de plus 400.000 profils juifs marocains ou algériens sur Geni, il est très probable que vous retrouviez des membres de votre famille. Mettre en commun ces données, nous permet de restaurer les liens familiaux perdus ou oubliés avant que notre mémoire défaille et de transmettre cette mémoire aux générations futures. Bienvenue, Welcome, Baroukh aba, Marhaba, Bienvenidos, Bem-vido Gilles Nahon,Michel Nahon,Marlene Elfassy,Myriam Roth,אילן סיבוני,Reuven Nahon,Edva Choucroun,Maria Dalila Pinto,Judith Edery,Etty Seroussi,Sara Benanni,Magali Lmlh,Charlotte Bd,Sylvain Nahmani,Pointdexter Meyer DahanReuven NahonMyriam RothMarlene ElfassyMichel NahonOliel JudaLaura AmarRuth Ellouk CohenCharles ToledanoGuy PerezGabriel BenoilidVicky BittonSergio BuxbaumVaness BcoMicka PintoAdi BuzagloEva SibonyEt tous les autres que je ne peux citer...