# **Le culte d’un sage ****Rabbi Amram Ben Diwan**Par Jean Marc Benhamou, article publié dans l'ARCHE, numéro spécial Maroc d'Octobre 2023. Homme de foi et de profonde dévotion, Rabbi Amran Ben Diwan est né au 18e siècle à Jérusalem et a très vite intégré les cercles d’études des yéchivot[[i]](#_edn1) de Hébron. En 5523 (1743), il est désigné par les rabbins de Hébron comme émissaire au MAROC, avec pour mission de propager l’enseignement de ses maitres et de collecter des fonds pour soutenir les écoles rabbiniques de Terre Sainte.Au Maroc, il parcourt le pays, prêche la parole de Dieu et se consacre aux prières et à la contemplation. De nombreux miracles, guérisons ou visions prophétiques lui sont attribués.. Mais plus qu'un simple homme de foi, il crée un pont entre les communautés. Il joue un rôle clé dans le rapprochement des communautés juives et musulmanes et créant un lien basé sur le respect mutuel et la compréhension, des valeurs toujours ancrées dans la société marocaine. Il s’installe ensuite dans les faubourgs de Ouezzane, et plus précisément dans le petit village de Asjen, dans la partie occidentale du Rif et au sud de l’oued Loukkous. Il y fonde une Yéchiva et un Talmud Torah, où de nombreux étudiants viennent étancher leur soif d’étude auprès du Rabbin dont la renommée ne cesse de croître dans tout le pays. Après un long séjour au Maroc, Rabbi Amram décide de retourner en terre sainte où il se lie d’amitié avec Rabbi Haim Bagoyo et Rabbi Abraham Gedialia, les deux grands rabbins de Hébron. Dans sa quête de spiritualité, il décide, malgré les avertissements de ses proches de se rendre sur le tombeau des patriarches, alors interdit d’accès aux juifs. Cette démarche offense les autorités musulmanes et met sa vie en danger. Il décide alors de fuir et se réfugie au Maroc avec son fils, Rabbi Haïm Ben Diwan. Au Maroc, il est accueilli avec les plus grands honneurs, et est reçu par les notables des villes qu’il parcourt, Rabbi Ménasheh Abendanan à Fès, la famille Elbaz à Sefrou à laquelle il prédit la survenance d’un futur gaon Rabbi Amram Elbaz. Au cours de ce voyage, son fils, Rabbi Haim tombe malade, et le sage implore le créateur de prendre sa vie à la place de celle de son fils. Rabbi Amram décède à Ouezzane en 1782. Il est enterré au cimetière juif d’Asjen. Sa tombe est un lieu de pèlerinages pour les juifs marocains, mais aussi pour les marocains musulmans, visitée au notamment à Lag Ba Omer, et à la hiloula[[ii]](#_edn2) de Rabbi Amram. Elle est matérialisée par une grosse pierre sur laquelle reposent de très nombreux petits blocs de pierres déposés par les pèlerins au fil du temps. Le tout est noirci par les traces des bougies qui y sont allumées presque sans interruption au moment des période de pèlerinages. Sa tombe est surmontée d’un olivier centenaire au feuillage touffu dont le tronc et les feuilles sont insensibles aux hautes flammes formées par les multitudes de bougies allumées par les pèlerins.Rabbi Amram Ben Diwan a laissé une empreinte indélébile sur la communauté juive marocaine, un héritage d'érudition, de piété et de dévotion qui continue de résonner dans les cœurs et les esprits. C’est en outre un symbole d'unité, de tolérance et de paix. Transcendant le temps et l'espace, sa vie et son héritage rayonnent à travers les siècles, offrant un modèle de coexistence harmonieuse et de respect mutuel entre les communautés, un héritage qui continuera d’inspirer les générations futures. ## Bienvenue Bienvenue à tous ceux qui nous ont rejoints ces dernières semaines !