Je débute cette rubrique d'onomastique des juifs marocains et d'Afrique du Nord par le nom # **Choukroun (et ses nombreuses variantes) **Non moyennement répandu, porté au Maroc (Tétouan, Melilia, Larache, El-Ksar, Tanger, Debdou, Oujda, Fès, Berkane), en Algérie (Tlemcen, Sidi Bel Abbes, Alger, Oran, Médéa, Mascara, Constantine, Bône, Blida, Boghari)[i] et plus rarement en Tunisie.Des dizaines de variantes trouvées au Maroc, en Algérie ou en Tunisie[ii] : (S)Cho(u)(k)kro(u)n(e), Cho(u)cro(u)n(e), Shocron, Chacroun(e), Chakro(u)n(e), Chekro(u)n(e), Choucroum, Sekroun, version précédée de Ben (toutes les variantes précédentes) généralement portée des juifs et par des musulmans (de Fès ou d’Oran), Benzicron(e) pourrait dériver de Choucroun.Noms proches : Shuqrun et Ben Shuqrun, El Ashqar, Shaquri et dans les anciens documents espagnols (Ben)Xucran et Chucran[iii].Étymologie et Origines : dériverait du mot arabe « ashkar » qui voudrait dire « roux »i,ii,iii, étymologie non retenue « zikaron » ou mémoire en hébreuii.Au Maroc, les juifs portant ce nom et ses variantes seraient descendants d’un ancêtre commun (« monogénique »)ii. Mais j'en doute car le nom dérivant d'une caractéristique physique, il est probable que les premiers détenteurs de ce patronyme n'étaient pas apparentés. Au Maroc, les Choukroun seraient originaires du Nord, de la chaine du Rif dans la région d’El Khyliai. Ce nom était déjà porté par les familles juives en Espagne au 14e siècle et au Maroc au 16e sièclei,iii.* Don Astruch Xucran : Actes du « Baile General » d’Aragon (1310-1313), élu percepteur de l’impôt à Terueliii.* Salomon Xucran : fait l’objet d’une lettre datée du 18 août 1321 du Baile de Terueliii.* Yuce Chucran : apparait en 1367 (amende) dans les comptes du Bayle de Tudela, trésorier général de Navarreiii.* Astrug Xucran : fait l’objet d’une lettre de la reine Leonor, datée à Barcelone du 1er juin 1374iii.* R. Abraham : Oujda, vénéré par les juifs (R. Abraham Benchekroun) et les musulmans (Mohamed Benchocron, descendant du marabout Mohamed ben Attia mort en 1389)i.* Don Çad Abenxucran (Aguilar) : réclame, avec R. Yuce Abensanto, la restitution du bétail qu’ils avaient envoyé à Burgos pour être vendu et qui fut intercepté à la demande d’Abraham et de Salomo Harache en mars 1490iii.* R. Mimon (Ben Shocron) : rabbin à Fès en 1732iii.* R. Yossef/Joseph : rabbin à Fès en 1732i.* R. Messod (Ben Shocron) : rabbin au Maroc aux 18e-19e sièclesiii.* R. Eliezer : rabbin à Fès aux 18e-19e sièclesiii.* R. David : rabbin au Rif au 19e siècleiii. * R. Mokhluf (de Saïda) et R. Yehoshua (de Farranda) : ont contribué à la publication de « Sepher Zekhut Abot » d’Abraham Ankawa, 1837iii.* R. Tsion ([[[https://www.geni.com/people/Rabbi-Sion-Chekroun/6000000024875630860](https://www.geni.com/people/Rabbi-Sion-Chekroun/6000000024875630860)](https://www.geni.com/people/Rabbi-Sion-Chekroun/6000000024875630860)](https://www.geni.com/people/Rabbi-Sion-Chekroun/6000000024875630860)) : fin 19e siècle, Constantine. Aurait été confronté à la laïcisation et à la modernisation consécutives à la colonisation françaisei.* Yahia : notable de la communauté de Melilia, édifia la première synagogue en 1883 qui porte encore le nom de Slat Chocroni.* R. Aharon (1855-1948) : fils de R. Moshé, rabbin juge et commerçant né à Melilia. Il s’installe à Oujda en 1912. Son fils Yehiel fit ses études rabbiniques à Debdou et a publié l’histoire de sa famille et la correspondance de son père à Jérusalemi.* R. Isaac M ( ?-1952): rabbin d’Oran puis à Miliana né en Algérie et directeur des études hébraïques à Alger, Grand Rabbin de Dijon en 1948. Il a publié « Judaïsme, doctrine et principes » en 1951i.* R. Joseph ( ?-1956): Rabbin de Médéa, assassiné par le FLN sur les marches de la synagogue en 1956i.* Charles : né à Fès, professeur d’administration publique à Montréal, un des fondateurs de la communauté séfarade de Montréal dont il fut un des premiers présidentsi.* Charles : né à Casablanca, médecin et dirigeant communautaire de la communauté séfarade de Montréali.* Henry (1906-2000): Né à Sidi Bel Abbes, fils d’Ephraïm Julien Choukroun, enseignant en philosophie à Tlemcen et en France, journaliste, critique, écrivain (connu sous le nom Claude-Henry Leconte) et auteur de nombreux livresi.* Eliahu (d’Oujda) : a contribué à la publication du « Sepher Vayet Shelomoh » de Salomon Hacohen (Casablanca, 1929).* André : rabbin à Paris 1966iii.* Fortunato (Chocron Sananes) : dirigeant de la synagogue « Yaghdil Torah », Tétouan en 1966iii.[i] Toledano, Joseph (Joseph Toledano). Une Histoire de Familles. Les Noms de Famille Juifs d’Afrique du Nord. Editions Ramitol, Jérusalem, 1998.[ii] Beider Alexander. A dictionnary of Jewish Surnames from Maghreb, Gibraltar, and Malta. Avotaynu, New Haven, CT, 2017.[iii] Laredo, Abraham I. Les Noms des Juifs du Maroc. Essai d’Onomastique Judéo-Marocaine. Hebraica Ediciones, Madrid 2008.#onomastique