19 November 2025 à 19:34
Adieu Rabat de notre enfance.Des familles qui ont vécu leurs vies dans ces quartiers de Rabat cessera d'exister...C'est un peu de ma vie, de votre vie, vous les anciens R'batis peut être même une bonne partie de ma vie à Rabat, qui est finalement mon Maroc, qui sera assomée et brisée en milliers de morceaux.Notre passé de la rue du Capitaine Petit jean, la rue Henri Popp et toutes les rues à Rabat réduit en poussière par la boule destructrice de cette grosse machine qui ose s'appeler le modernisme...Comment pouvoir avoir des racines et n'être plus un vagabond récitant à qui veut l'entendre que oui! nous avions un véritable passé?Oui! nous avions eu une magnifique enfance avec de vrais petits garçons et petites filles que nos parents surveillaient avec des yeux tendres...si le processus d'élimination de notre histoire au Maroc d'Antan avait déjà commencé au début 1960.Les noms des rues, alors, ont été effacés à tout jamais et finalement aujourd'hui les anciennes épiceries, les appartements, les balcons, les coiffeurs, les patisseies-boulangeries, les tailleurs, cordonniers, marchands de journaux et hebdomadaires, marchands de gauffrettes et glaces, auront leurs lieux de commerce et d'habitation complètement ensevelis par les bull-dozer.Le sol de l'endroit de notre culture sera ratissé à tout jamais laissant dans sa profondeur, pour les prochaines générations d'archéologues et historiens, le soin de retrouver les pans de murs abattus et d'essayer de reécrire l'histoire...Déplorant, insultant, et pour le moins que l'on puisse dire bien triste que d'être témoins de cette disparition matérielle de toute une histoire.Comment ne pas avoir une once de respect pour des bâtiments...La spéculation immobilière, le gain monétaire rapide nous l'avons vu en 2008 à Wall Street et 3 ans ont passé et la crise financière continue..Pourquoi? Tout simplement parce qu'il existe un fossé infranchissable de nature plus humaine qui sépare les chiffres de comptabilité financière , de gestion gouvernementale de projets socio-urbains où la spéculation de gains rapides invite les tracteurs et les marteaux.. et de l'autre côté du fossé des gens simples qui essaient de retenir une certaine continuité dans leur histoire personnelle, familiale, même à l'état disparate de leurs souvenirs.Tel désir, très humain, est finalement l'essence même de leur Culture et de la fabrique sociale de leur Maroc à leur époque et de leurs anciens amis restés à Rabat dans notre présent actuel.Il y a toujours un prix à payer lorsque l'on efface volontairement l'histoire d'une culture quelle qu'elle soit au nom du soi-disant progrès.Mais en réalité un immeuble de quelques étages, combien même chéri de beaux souvenirs, ne peut rapporter le même gain que 20 étages de béton...La vue esthétique du quartier on s'en fout...ses anciens habitants partis au loin...à l'étranger...on s'en fout...le respect à la mémoire des disparus...on s'en fout...l'histoire et patrimoine culturel ne deviennent dans leur simplicité que quelques petites haies politiques franchies par quelques cadeaux ici et là...Le Présent c'est bien plus important pour la spéculation immobilière que le Passé et le Futur..On ne sera plus là pour en subir les conséquences...!Pas tout à fait vrai...Les Halles de Paris reviennent en mémoire..L'Halambra de Grenade revient en mémoire..Le Mausolée de Lyautey revient en mémoire...Pas de respect pour ses dernières volontés à cet auguste maréchal qui a construit la plus importante ville portuaire d'Afrique et qui est Casablanca..encore que lui il s'est retrouvé en compagnie de Napoléon Bonaparte aux Invalides..Il est certain que le dicton ..." Qui part à la chasse perd sa place.." ou qui est poussé à décamper est remplacé sans aucune hésitation genre ..la vie continue et il faut vivre..les racines du passé ..c'est bon pour les poètes mais on ne devient pas riche à les conserver..Si cela était vrai alors pourquoi Le Louvre est un lieu de pèlerinage pour de millions de visiteurs chaque année...Le Passé c'est ce qui nous rattache à notre Présent et nous guide, sans lui nous sommes des orphelins...(Rol Benzaken) – de Rabat.
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