24 February 2026 à 12:56
Souvenir d'antan: Ma Traversée du Bouregreg : Cap sur la Plage de SaléQuitter le pied de la Casbah des Oudayas pour rejoindre la plage de Salé n'était pas un simple déplacement, c'était une véritable expédition maritime. Pour quelques pièces, on passait d'un monde à l'autre, de la capitale moderne à la rive plus sauvage et sablonneuse de la "ville sœur".Les Barcasses Bleues : Le Pont sur l'EauLe rendez-vous se situait en bas des remparts, là où les barques de bois, peintes de ce bleu vif si typique, s'agglutinaient contre le quai de pierre.Le vacarme des passeurs : On entendait les bateliers s'interpeller, le clapotis de l'eau contre les coques et le cri des mouettes. C'était un joyeux désordre organisé.L'embarquement : Il fallait avoir le pied marin ! On sautait dans la barque qui tanguait un peu, on s'asseyait sur les bancs de bois étroits, serrés les uns contre les autres. Mon frère Charles, toujours protecteur, vérifiait que tout le monde était bien installé avant que le batelier ne donne le coup de rame vigoureux pour s'éloigner du quai.La Traversée : Entre Courants et LégendesLe trajet ne durait que quelques minutes, mais il était intense.Le passage du courant : Là où le fleuve rencontre l'océan, l'eau devenait parfois plus agitée. On sentait la force du Bouregreg sous la coque. C’était le moment où l’on s’agrippait un peu plus fort au bord de la barque, riant de nervosité quand une petite éclaboussure venait rafraîchir nos visages.La vue depuis l'eau : C’était le meilleur point de vue sur les Oudayas. On voyait les remparts s'élever, majestueux, et les petites fenêtres bleues de la Casbah qui nous surveillaient.L'Arrivée sur le Sable de SaléUne fois de l'autre côté, le décor changeait.La plage immense : La plage de Salé semblait plus vaste, plus sauvage que celle de Rabat. On sautait de la barque sur le sable humide, les chaussures à la main (ou déjà aux pieds si l'on était en sandales).Les joies du bord de mer : On courait vers les vagues. C’était l’heure des baignades interminables, des parties de foot improvisées sur le sable dur, et des rires qui se perdaient dans le vent du large.Le pique-nique de ma mère Alice : Parfois, on avait emporté un encas préparé avec amour à la rue de Henri Popp. Rien n'avait meilleur goût qu'un morceau de pain et des olives dégustés avec le sel de la mer sur la peau.Le Retour au CrépusculeLe plus beau moment était sans doute le retour. Fatigués, la peau chauffée par le soleil et les cheveux emmêlés par le sel, on reprenait la barque alors que le soleil tombait derrière la jetée. Rabat s'illuminait doucement en face de nous, nous accueillant comme un phare.Un Passage InitiatiqueCette petite traversée était le symbole de votre liberté d'adolescent : pouvoir quitter la terre ferme pour quelques heures et revenir, riche de souvenirs et de grand air.
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