# **Après la fête de Souccot au Maroc**HOSHA'ANA RABAAprès Souccot, la fête se poursuivait par une soirée d’étude qui se terminait au milieu de la nuit. Elle se déroulait le plus souvent chez Maurice et Lina Corcos. C’était une occasion pour nous (les enfants) de veiller et de lutter contre le sommeil en écoutant nos pères psalmodier et nos mères discuter.Le lendemain de la veillée, après la prière du matin, mon père revenait de la synagogue avec des feuilles de saule (Arava) avec lesquelles il avait coutume de nous donner de petits coups dans le dos. S’ensuivaient ensuite un jeu et des poursuites dans la soucca que nous défaisions. Les enfants s’emparaient des feuilles de palmier qui composaient le Srah (le toit de la soucca) et se poursuivaient, imitant notre père.SIMHA TORAHComme partout dans le monde, la célébration de Simha Torah (don de la Torah) s’accompagnait de chants, de hakafot (danses avec la Torah autour de l’autel) et de distribution de bonbons.Le jour de Simha Torah, les adultes, mais également les enfants étaient appelés à la Torah et lisaient dans le parchemin la portion de Me’euna. Petite entorse à la règle, mon père insistait pour que, comme les garçons, je lise Me’euna dans le rouleau de la Torah devant toute la synagogue ! Peut-être était-ce parce que j’étais sa première fille née après 5 garçons et de surcroit jumelle d’un garçon. Je suis, à postériori, étonnée de la « modernité » de mon père, un homme pourtant très attaché aux traditions, et de la synagogue (DEJJ de Casablanca) qui permettait cela.Très souvent honoré par sa communauté, mon père était régulièrement Hatan Thorah et lisait la dernière ou la première portion de la Thorah de l'année. La séouda qui suivait se déroulait chez mes parents qui recevaient l'ensemble de la communauté de la synagogue du DEJJ avec une profusion de Mahia et de mets délicieux. Au menu, M'hemer, pastela de pommes de terre, meguina à la cervelle (oui !) et/ou aux légumes, poissons panés à la sauce Tchermela, Pastillas individuelles au poulet, "cigares" relevés au foie, patés de viande et de poisson, et toutes sortes de salades cuites, tchoukchouka, fèves au cumin, carottes aux épices, zaalouk (caviar d'aubergines), aubergines frites. Si ma mère était encore de ce monde, elle dirait que j'oublie de nombreux plats .... C'était la dernière occasion de festoyer au cours du mois de Tichri !ETROGIMAprès souccot, les cédrats (etrogim ou tronza) étaient conservés pour être confectionnés en confiture qui serait consommée à Tou biShevat (c’est encore notre coutume familiale aujourd’hui).Moadim le Simha !