# **Yom HaShoah **Nous commémorons aujourd'hui le triste anniversaire de la Shoah. Parmi les 6 millions de juifs disparus se trouvaient les juifs marocains de Saint-Fons. Voici leur histoire... ## **Les juifs marocains de Saint-Fons****Comment sont-ils arrivés à Saint-Fons ?**Saint-Fons est une commune ouvrière située au bord du Rhône, à cinq kilomètres au sud de Lyon. Pendant la Première Guerre mondiale, quelques « travailleurs coloniaux » juifs marocains viennent travailler dans la poudrerie locale. La guerre terminée, certains réussissent à y rester, auxquels se joignent de lointains cousins, « poilus » engagés dans l’armée. Les premiers membres de la communauté sont Joseph Benattar, Aknin, Abikzer et Bitton. Ils s’installent là durablement, font venir femmes et enfants et sont progressivement rejoints par d’autres familles juives. En effet, même s’il est payé chichement, le travail ne manque pas. Cela leur permet de parfois fuir la misère du Mellah et le statut de Dhimmis.**Un mellah sur les rives du Rhône**La communauté s’organise. Chaque famille vit entassée dans un appartement minuscule de la cité ouvrière. Au milieu des années 1930, ils sont une centaine de familles juives marocaines à vivre à Saint-Fons. Ils travaillent essentiellement pour l’industrie pharmaceutique (Rhône-Poulenc) et chimique (Saint-Gobain) ou dans d’autres usines, sont commerçants ou parfois maçons. Ce sont les familles Abergel, Bitton, Benattar, Amouyal, Kadosh, Aknin, Abou, Zemmour, Dahan, Cohen-Bacri, Derhy, Medina, Librati originaires de toutes les régions du Maroc.Ils créent un « Mellah » au bord du Rhône. Cacherout et prières sont leurs préoccupations majeures. Ils fondent une association cultuelle, font au début la prière dans une cave de quelques mètres carrés où ils réunissent minyan puis dans un oratoire et enfin dans une petite synagogue. L’un d’entre eux ramène un Sefer Torah du Maroc. Ils achètent même un terrain dans Saint-Fons pour enterrer leurs morts. Comme au Maroc, ils se privent toute la semaine pour pouvoir acheter un morceau de viande à la boucherie cachère de Lyon et célébrer dignement Shabbat.**Les juifs de Saint-Fons et la Guerre**Pendant la Deuxième Guerre mondiale et jusqu’en mai 1944, malgré la mention « Juif » sur leur passeport, ils arrivent à échapper à l’envahisseur nazi. *Maurice Mayoud*, un restaurateur du coin cache une vingtaine hommes juifs marocains pendant que les femmes, elles, continuent de travailler pour nourrir leur famille. Entre mai et aout 1944, une centaine d’entre eux est dénoncée et livrée à la Gestapo par un couple véreux pour quelques milliers de francs. Quatre-vingt-sept (dont 25 enfants) sont déportés vers les camps de la mort, dont quatorze seulement sont revenus !Au sortir de la guerre, on ne recense plus que 122 Juifs originaires du Maroc qui se dispersent rapidement et la communauté cesse d’exister. Simone Lagrange, née Simy Kadosh, témoigne. Sources : [https://www.deportesdelyon.fr/les-enfants](https://l.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Fwww.deportesdelyon.fr%2Fles-enfants%3Ffbclid%3DIwAR0PtTD9Z2RXyDipcJ5MxPsroqfXpUzGrlwmIZ2N-qa-21T-tqBDK_-MCeY&h=AT0p1bUe7wAa8vHu0jn_xACo5tmcgpGfaa5xre-3dM-vsSOFC8bWxVvsnAtfspJ8XFGJm8B4t6lbrkE6lddent6s306xGoBwaWSzAgibihufJgqKEKPykfXyj2y5QOi9Ft4nvpo&__tn__=-UK-R&c%5B0%5D=AT3QaO8W5VFVvQJK_JnljiHXaZjsKJYnIneTSFXuJJouAOeaTrj6Qo0mCdvIRr-3uH-wNDSX8oFZqhgp0qVo7gStIYgW9TFqz9ILYEbDDqufNjA7jl6-w723a8wEsyUiF83NdTTs0Vyaa1PG8axuadVXEIbgbrFyDruyYy8), [https://www.ajpn.org](https://www.ajpn.org/?fbclid=IwAR3kIEmJoSedoH--q1oOnRr7g-xR99G2hSh2QddJ8v2uuVso-OeABJ50XFg), [https://www.cairn.info/revue-archives-juives1-2003-2-page...](https://www.cairn.info/revue-archives-juives1-2003-2-page-121.htm?fbclid=IwAR1YrsBgHik9wgaR7SB-SxgpUIHjUU0Whhw7lDaJxPXgO8WNoQy4fSohats).